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Le Romorantin : le projet oublié de Léonard de Vinci

La Cité idéale, attribué à Francesco di Giorgio Martini, tempera sur panneau, 67,7 × 239,4 cm, 1470 © Galleria Nazionale delle Marche, Urbino, Italie.

Léonard de Vinci Romorantin, le projet oublié est un site créé en 2010 entièrement dédié à la Cité idéale imaginée par Léonard de Vinci sous l’ambition de François Ier.

Ce concept de cité parfaite à la rigueur mathématique est très présent à la Renaissance, mais n’a jamais été mené à terme.

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Croquis attribué à Léonard de Vinci, encre sur papier, XVIème siècle © Romorantin, le Projet oublié, Musée de Sologne, Romorantin-Lanthenay, France.

Les plans et croquis commandés par le roi pour faire de Romorantin (Centre-val de Loire) la capitale du Royaume ont été exposés au Musée de Sologne jusqu’en 2011. Un site Internet a spécialement été créé pour l’occasion et des images en 3D ont donné vie à ce projet.

Rattaché au site du musée de Sologne, Léonard de Vinci Romorantin, le projet oublié apparaît comme le témoignage de l’exposition désormais passée.

C’est un site visuellement peu attractif et daté mais qui a le mérite d’être complet et d’offrir un bon support pour les vidéos présentées durant l’évènement.

De plus, il contient de nombreuses informations, tant au niveau historique pour recontextualiser le sujet qu’à celui informatif sur le déroulement de l’exposition.

L’accueil du site présente un visuel de parchemin en toile de fond.

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Capture d’écran d’une reconstitution en vidéo de la Cité idéale Capture 3D, 2010 © Romorantin, le Projet oublié, Musée de Sologne, Romorantin-Lanthenay, France.

Trois liens principaux sont situés en haut de la page. Le premier, Léonard de Vinci Romorantin, le projet oublié, permet de revenir à l’accueil une fois la navigation en cours. Les second et troisième, 3D vidéos de reconstitution et Blog & Actualités, dirigent le visiteur vers une page qui héberge les vidéos ainsi que d’autres informations.

A gauche sous ces trois liens, un bandeau vertical présente huit onglets permettant d’accéder à des informations concernant : l’exposition, l’origine du projet à l’époque, des traces des travaux de Léonard de Vinci, les diverses sources concernant la Cité idéale, une bibliographie, des liens en rapport avec l’exposition et une préparation à la visite.

Certains de ces onglets ont également des sous-onglets, ce qui amène à une quantité d’informations conséquente qui est ainsi structurée et classée.

En parallèle de ces onglets, un bandeau transversal propose un visuel qui change de contenu en fonction de la catégorie dans laquelle le visiteur se situe.

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Lettre du XVIème siècle / Capture d’écran, 2015 © Romorantin, le Projet oublié, Musée de Sologne, Romorantin-Lanthenay, France.

Le contenu de l’ensemble de ces onglets offre une véritable plongée dans le passé. Des documents tels que des lettres ou encore des manuscrits d’époques scannés sont disponibles pour renseigner le visiteur et sont suivis de liens vers des archives documentaires.

Les vidéos de reconstitutions ont également une grande importance et permettent une meilleure compréhension du projet. Elles ont été intégrées au site après la fin de l’exposition pour conserver l’intérêt de celle-ci. Elles sont désormais toutes disponibles et se téléchargent automatiquement sur l’ordinateur du visiteur sous la forme d’un fichier mov, ce qui permet de les stocker.

Ces vidéos nous éclairent sur le génie de Léonard de Vinci et en particulier sur la manière dont il souhaitait mettre en place sa Cité idéale. De plus, elles montrent également les dispositifs dont l’artiste avait prévu d’équiper la ville pour en assurer son bon fonctionnement.

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Capture d’écran d’une reconstitution en vidéo de la Cité idéale © Romorantin, le Projet oublié, Musée de Sologne, Romorantin-Lanthenay, France.

Ainsi, le site nous apprend que la Cité idéale répond à la volonté de François Ier de mettre en place un lieu nouveau pour incarner son pouvoir royal et sa puissance en regroupant dans un même espace la demeure royale et une ville nouvelle, mais aussi à l’ambition de Léonard de Vinci qui avait longtemps espéré une réalisation qui lui permettrait d’exploiter l’ensemble de ses talents.

C’est un projet immense qui vise à organiser un espace de vie adapté à l’environnement économique et à l’activité humaine, et Léonard de Vinci y travaille dés 1516.

Malheureusement, cette réalisation est abandonné en 1519, et bien que l’on ait aujourd’hui des preuves du début de construction, on ignore toujours pourquoi il a été avorté.

Si Léonard de Vinci Romorantin, le projet oublié peut apparaître comme peu crédible au vu de son design médiocre, sa qualité se vérifie cependant grâce à la bibliographie. Les informations contenues sur la page sont en effet issues de recherches précises et soignées provenant d’ouvrages de références.

De plus, une liste de liens culturels tels que des sites de musées viennent accréditer l’ensemble de la page et permettent de poursuivre une éventuelle recherche.

Ce site met en lumière un travail de Léonard de Vinci passionnant bien qu’oublié aujourd’hui.

L’idée de proposer une page indépendante du site du musée de Sologne au visiteur permet de le plonger entièrement dans le projet de la Cité idéale.

Romorantin, le projet oublié est un très bon témoignage de l’ambition de Léonard de Vinci. Ce site se présente en réalité comme une sorte de plateforme qui sert de support et d’accès direct à un nombre impressionnant d’informations telles que des liens, archives, images numérisées ou encore de vidéos. L’ensemble offre un regroupement de connaissances très complet et très bien organisé qui rend justice au projet de Cité idéale jamais mené à terme.

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Perspective architecturale, panneau dit de Berlin, attribué à Francesco di Giorgio Martini, 124 x 234 cm, 1477 © Staatliche Museen, Berlin, Allemagne.

L’accès au codex pour tous.

A travers notre blog, nous avons utilisé à de nombreuses reprises les croquis des carnets de notes de Léonard de Vinci pour illustrer nos articles. Ces carnets de notes, ce sont généralement les codex, véritables ressources d’informations au sujet du génie de Léonard, ses inventions, ses observations… Nous en avons notamment déjà parlé dans plusieurs articles comme celui sur le reportage ARTE qui traite de la polyvalence de Léonard de Vinci et comment cela est reflété dans le codex Atlanticus.

Les premiers manuscrits connus datent de 1482, correspondant à son arrivée à Milan, mais Léonard continua d’en rédiger jusqu’à la fin de sa vie, avant de les confier à son disciple Francesco Melzi. Il est estimé qu’il aurait existé plus de quinze mille pages. Il n’en resterait donc aujourd’hui à peine la moitié, conservée dans 25 codex. Ces codex sont plus ou moins hétéroclites, certains étant plutôt spécialisés et classés tandis que d’autres présentent des notes très variées et touchant à de nombreux domaines. On aurait donc parfois simplement affaire à de simples carnets de notes prises au hasard selon le fil de pensée de Léonard. On peut donc parfois y trouver comptabilité, cartographie, inventaires…

Le mini-site « Léonard Interactif » de la BNE (Bibliothèque Nationale d’Espagne), sur lequel nous avons déjà fait un article, propose une liste et un descriptif (en espagnol) de neuf codex, ainsi que leur lieu de conservation respectif. Autre outil important : il propose mappemonde tronquée des lieux de conservations et interactive, permettant de cliquer directement sur les lieux et d’accéder aux descriptions.

Map des codex de la BNE, Capture d'écran, Codex, Léonard Interactif, Bibliothèque Nationale d'Espagne (BNE).
Map des codex de la BNE, Capture d’écran © Codex, Léonard Interactif, Bibliothèque Nationale d’Espagne (BNE).

Nous pouvons donc retrouver :

  • Le Codex Windsor, conservé à la Librairie Royale du Château Windsor. Comme le codex Atlanticus ou encore le Codex de Madrid, ce codex fut acheté par Pompeo Leoni avant d’aller en Espagne. C’est le comte Thomas Howard qui l’acquit par la suite avant d’être probablement récupéré par Charles II, roi d’Angleterre. C’est son plus grand recueil en anatomie de Léonard, qu’il constitua à partir de la dissection et de l’observation des mouvements. Il contient environ 600 dessins. Ils sont exposés

    Plume et encre au lavis par dessus craie noire, 1510-1511, 29.2x19.8cm, Codex Windsor, Royal Collection Trust, Château Windsor, Londres, Royaume-Uni.
    Plume et encre au lavis par dessus craie noire, 1510-1511, 29.2×19.8cm © Codex Windsor, Royal Collection Trust, Château Windsor, Londres, Royaume-Uni.

    dans la Galerie de la Reine. Sur le site de la Royal Collection, cette institution possédant des dizaines de milliers de pièces de collection, il est normal de ne pas trouver une catégorie ou un lien direct vers le codex. Il faut donc se rendre dans les collections et taper le nom de « Vinci » pour restreindre la recherche à ce codex. On retrouve alors 168 pages numérisées dans une qualité exceptionnelle. Chaque image possède son propre descriptif pour expliquer les croquis le composant. Il ne semble pas possible de classer les pages dans leur ordre originel, il faut donc les parcourir une par une ou taper des mots-clés dans l’outil de recherche si on cherche un sujet particulier. L’outil de diapositive intégrée est plutôt agréable si l’on souhaite prendre le temps de regarder la collection. En général, ce site est agréable, sobre et simple d’utilisation, même s’il ne possède pas de page particulière pour le codex.

  • Le Codex d’Arundel, conservé au British Museum de Londres. Composé de 268 pages, il est divisé en deux parties de feuilles de format différent : une première partie de 30 feuilles et le reste dans une seconde partie. Les sujets traités y sont encore variés : anatomie, optique, physique, architecture… Si on ne trouve pas ce codex dans les collections affichées sur le site du British Museum, il peut être trouvé sur le site de la British Library. Ce site nous propose une diapositive simple de 570 pages numérisées. On peut simplement se contenter de circuler de feuille en feuille ou bien de sélectionner le numéro/ « nom » de la feuille. Faire une recherche de contenu n’est donc pas possible et parcourir les 570 pages peut être fastidieux pour des recherches. Cependant, il est déjà notable d’avoir réalisé ce travail de numérisation.

  • Le Codex Forster, conservé au Victoria & Albert Museum de Londres. Il s’agit en réalité de trois petits codex. Le premier est consacré à la géométrie dans l’espace et à l’hydraulique. Le second concerne une de ses peintures et des expériences autour de théories. Le dernier constitue une grande partie des travaux et notes qu’il a pris lorsqu’il était la cour de Ludovico Sforza comme sa fameuse statue équestre, des projets urbanistiques de la ville de Milan etc. Si une section entière du V&A Museum est dédiée au Codex Forster, proposant des pages d’explications sur Léonard, son contexte, ses lectures, son manuscrit etc., la page « Explore the Forster Codices » (explorer les codex Forster) ne fonctionne pas, sous Mac comme PC et sous différents navigateurs (Safari, IE, Mozilla Firefox, Chrome testés) . C’est vraiment regrettable car selon les indications, il s’agissait une nouvelle fois d’un travail de numérisation des pages de codex pour permettre une lecture interactive en ligne, en plus d’avoir une transcription en italien et en anglais. En espérant qu’il ne s’agisse que d’un problème technique momentané.

  • Le Codex du Vol des Oiseaux, conservé à la Bibliothèque Royale de Turin. A l’origine, il s’agit d’un petit manuscrit lié au Manuscrit de France (voir plus bas). Comme indiqué explicitement dans son nom, ce codex comporte essentiellement des études autour du vol des oiseaux mais donc aussi autour de ses fameuses machines volantes. L’Institut de France possède un fac-simile photographique du codex. Nous n’avons malheureusement pu trouver de numérisation ou de section consacrée à leur sujet, ni sur le site de la Bibliothèque Royale de Turin, ni sur le site de la Bibliothèque de l’Institut de France.

  • Le Codex Trivulzianus, conservé à la Bibliothèque du Château Sforzesco. Ce manuscrit contient essentiellement des études grammaticales autour du latin, des jeux de mémoires, des caricatures mais aussi quelques architectures militaires et religieuses. Malheureusement, ce codex est fermé au public et le site de la Bibliothèque ne propose donc pas de lecture en ligne ni même d’aperçu.

  • Le Codex Leicester ou Hammer, conservé dans la collection Bill Gates à Seattle (Washington). Il est consacré essentiellement à l’étude de l’eau sur un plan géologique, géographique mais aussi une étude sur les montagnes, les fossiles ou encore l’astronomie. Cependant, encore une fois, nous ne pouvons y accéder car il s’agit d’une collection privée.

    Encre sur velin, 1506-1508, Codex Leicester, Fondation Bill Gates, Seattle, Washington.
    Encre sur velin, 1506-1508 © Codex Leicester, Fondation Bill Gates, Seattle, Washington.
  • Le Codex de Madrid, conservé à la Bibliothèque Nationale d’Espagne. Nous avons déjà consacré un long article à son sujet, nous vous invitons donc à venir le découvrir.

  • Le Manuscrit de France, conservé à l’Institut de France. Bien qu’il porte le nom de manuscrit, il s’agit bien d’une sorte de codex, que Napoléon Bonaparte avait acquis. Il est composé de quatorze manuscrits, de la lettre A à M, eux-mêmes composés de plusieurs dizaines de pages parfois, faisant donc de lui un écrit important. Une page lui est consacré expliquant son histoire, son parcours, son contenu. Il est aussi expliqué qu’un DVD-Rom avec le contenu des codex existe et est visible à la Bibliothèque de l’Institut de France ou au Cyber-Louvre du Musée du Louvre. Cependant, ce DVD-Rom date de 2003, tout comme probablement le site qui est très sobre et très primaire, et donc très peu contemporain. Il est donc regrettable qu’un travail de numérisation en ligne n’ait pas été proposé pour une actualisation de leur procédé.

Il existe un site fort utile pour compenser l’absence de numérisation des codex sur les sites institutionnels. Il s’agit du Léonard Digital, un mini-site italien d’archive digitale réalisée par la Bibliothèque Communale Léonard de Vinci. Il est également disponible en anglais, facilitant la navigation. Il faut se rendre sur « Browse » (Navigation ou « feuilletage ») pour accéder à la liste des documents numérisés. Nous y retrouvons, entre autre, tous les codex et manuscrits précédemment étudiés, en dehors du Codex Windsor. Nous pouvons donc même accéder à certains codex pourtant introuvables sur les sites officiels comme le Codex du Vol des oiseaux ou le Codex Leicester. Le mini-site propose une transcription en italien de chaque page des codex. Les outils sont juste un peu compliqués à comprendre, notamment dans le système de recherches où il est nécessaire de spécifier recto ou verso, mais ils semblent permettre de nombreuses interactions avec les pages : zoom, rotation, notes de bas de page… Ce site n’est pas très moderne mais révèle une quantité de travail monumentale et indispensable pour des recherches sur Léonard de Vinci et ses inventions.

Léonard de Vinci nous a donc laissé un héritage gigantesque à travers toutes ses notes et croquis dans ses codex. Ils ont traversé l’histoire, bien que près de la moitié ne nous soit pas parvenue. Dispatchés à travers le monde, dans différentes institutions, dans des collections publiques ou privées, nous pouvons aujourd’hui accéder à la plupart d’entre eux grâce au travail de numérisation des sites officiels de ces instituts ou encore celui d’archivage digital de plus petit institut externe, cherchant à permettre aux recherches de Léonard d’être toujours plus accessible pour tous. Ce fut vraiment très intéressant de nous pencher sur ces codex, de partir à la recherche de leur contenu et de découvrir autant de lectures autour de ça.

Léonard Interactif : un outil indispensable et ludique

Façade de la Bibliothèque Nationale d'Espagne (BNE), Photographie, Selbymay, 11 août 2012, Wikimedia Commons.
Façade de la Bibliothèque Nationale d’Espagne (BNE), photographie, 11 août 2012 © Selbymay, Wikimedia Commons.

Dans la continuité de la Bibliothèque Ambrosienne et du Codex Atlanticus (voir nos anciens articles sur cette bibliothèque et ce codex), la Bibliothèque Nationale d’Espagne ou Biblioteca Nacional de España (BNE) conserve un autre carnet de notes précieux de Léonard de Vinci : le Codex de Madrid.

Il s’agit du centre principal de documentation consacré à la culture écrite, graphique et audiovisuelle d’Espagne et d’Amérique Latine. Il comprend plus de vingt-huit millions de publications espagnoles du XVIIIe siècle à nos jours, sans compter les manuscrits, photographies, estampes, partitions etc. Ses collections ont été acquises par de nombreux moyens : achat, dépôt légal, don ou échange. Celle des manuscrits, dont fait partie le Codex de Madrid, est une des plus riches d’Espagne. Comme la plateforme Gallica pour la Bibliothèque Nationale de France (BNF), le site internet de la BNE propose un accès à leur collection numérique en ligne et possède plus particulièrement un mini-site : « le Léonard interactif ».

Ce mini-site comprend donc une version numérique du codex mais également d’autres fonctions autour du personnage de Léonard : chronologie de la vie de Léonard, descriptions des domaines que le génie a touché, des documents expliquant son contexte historique, des jeux interactifs et thématique etc. Le site de la BNE nous indique des chiffres très intéressants au sujet du mini-site :

  • 718 pages numérisées ;

  • 120 œuvres numérisées ;

  • 100 pages interactives ;

  • 138 contenus multimédias ;

  • 40 professionnels travaillant sur ce projet ;

  • 20 000 heures de travail.

Le codex Madrid (à ne pas confondre avec son homonyme aussi appelé Codex Tro-Cortesianus qui est un codex maya) est divisé en deux manuscrits : le codex-I et le codex-II. Fini respectivement entre 1490 et 1499 et 1503 et 1505, ils ont été découvert dans la Bibliothèque Nationale d’Espagne en 1966. Les différents codex de Léonard ont été hérités par son ami Francesco Melzi. Cinquante ans après, c’est le sculpteur Pompeo Leoni qui a acheté et apporté en Espagne les deux codex de Madrid. La Bibliothèque Royale, ancêtre de la BNE, les avait répertoriés depuis 1712. Ils ont été perdus et oubliés jusqu’au XXe siècle pour une raison inconnue.

Système de traction  et ressort, dessin à l'encre sur velin, 1490-1499, Codex Madrid I, Bibliothèque Nationale d'Espagne, Madrid, Espagne.
Système de traction et ressort, dessin à l’encre sur velin, 1490-1499 © Codex Madrid I, Bibliothèque Nationale d’Espagne, Madrid, Espagne.

Les deux codex touchent autant la mécanique, la statique, les mathématiques que les constructions de fortifications. Ils incluent également une liste de plus de 116 livres que Léonard a utilisés pour ses recherches. En plus d’être des notes d’une qualité et d’une source incroyables, ce codex représente environ 15% des notes de références au sujet de Léonard de Vinci.

Lorsqu’on se rend sur le mini-site « Léonard interactif », on se retrouve directement sur le codex-I de Madrid. On peut circuler facilement de page en page avec un seul clic ou en tapant le numéro de page dans la barre de navigation en bas de la fenêtre interactive. Cette barre de navigation permet d’accéder de suite au Codex-II, de proposer une navigation rapide par défilement de miniatures et présente également un outil de recherche par mots. Ainsi en tapant par exemple « arma » ou « arme », une nouvelle fenêtre s’ouvre, proposant toutes les pages comportant ce mot ou ayant un dessin en rapport (un thème donc) en affichant leurs miniatures. Cette circulation est donc extrêmement fluide et claire. Enfin, il existe un listing des thèmes pour une recherche différente et toujours plus pratique.

Autres outils utiles : une transcription des textes manuscrits en textes dactylographiés, disponibles en espagnol et italien. Il est dommage que ce ne soit pas disponible en anglais mais il est déjà notable que des transcriptions soient faites en langue locale et en langue originale. On peut également trouver un zoom en meilleure qualité, des liens de partage vers les réseaux sociaux (Facebook et Twitter) et un lien pour une impression des pages de notre choix. Enfin, il est bien connu que Léonard de Vinci prenait ses notes à l’envers, c’est-à-dire en écrivant avec la méthode du miroir. Un outil nous permet ainsi de mettre automatiquement les pages en miroir horizontal, afin de pouvoir lire naturellement les notes du génie.

Enfin, il faut cliquer sur la petite main « Saber más » (« en savoir plus ») pour accéder aux autres fonctionnalités du mini-site. En bref, on nous propose par des miniatures simples et claires, d’accéder à des rubriques spécialisées :

  • Une chronologie : cet outil est extrêmement pratique et ludique. Nous allons sans aucun doute le garder sous la main pour notre propre chronologie, que nous allons bientôt proposer sur le blog. Le site propose une carte de l’Europe et du bassin méditerranéen, contemporaine à Léonard, couronnée d’une frise chronologique des dates importantes de sa vie. En cliquant sur une date, un zoom est fait sur la carte, indiquant un évènement, sa description et une illustration. On peut également accéder directement à des évènements-clés en cliquant sur les différents points de la carte. Ces derniers sont séparés en deux couleurs : les rouges pour expliquer le contexte historique et les bleus pour l’histoire de Léonard.

Capture d'écran, Chronologie, Léonard Interactif, Bibliothèque Nationale d'Espagne (BNE).
Capture d’écran © Chronologie, Léonard Interactif, Bibliothèque Nationale d’Espagne (BNE).
  • Les métiers de Léonard : nommés tels quels, il s’agit des différentes facettes ou tous les métiers auxquels s’est prêté le polyvalent génie. On nous propose une fiche de description pour chaque, à partir d’onglets verticaux, s’ouvrant et se rabattant. Il y a huit onglets au total : scientifique & philosophe ; mathématicien ; architecte ; anatomiste ; ingénieur civil et militaire ; peintre & sculpteur ; scénographe ; musicien.

  • La bibliothèque de Léonard : la description des lectures de Léonard qui ont contribuées à son travail, accompagnée de miniatures vers des descriptions plus précises sur les principaux livres (Euclide, Ptolémée, Ovide…).

  • L’Epoque : par le même système d’onglets que les métiers de Léonard, on retrouve une description de grands domaines de la vie culturelle, sociale et scientifique contemporaines à De Vinci : cuisine ; imprimerie ; science ; art ; littérature ; musique ; philosophie ; mode vestimentaire.

  • Les codex : une description de l’importance des codex et manuscrits de Léonard ainsi que des miniatures particulières pour chaque codex et leur lieu de conservation. Nous nous attarderons sur cette partie dans un prochain article.

  • Les maquettes : la BNE propose via Youtube des vidéos de maquettes modélisées en 3D, directement tirées des croquis et notes du codex de Madrid.

  • Le jeu des questions : petit jeu interactif en ligne de type QCM, dont les questions sont portées sur toutes les facettes de Léonard, peintre comme ingénieur, et sur sa vie et ses fréquentations.

  • Le jeu de mémoire : un petit jeu classique de paires de cartes qu’il faut mémoriser et associer. Il n’a pas un très grand intérêt mais est plutôt ludique pour un public plus jeune, d’autant plus que ses faces présentent des modélisations 3D des inventions de Léonard de Vinci.

Pour conclure, le site de la BNE et plus particulièrement son mini-site « Léonard interactif » est incontournable pour des recherches scientifiques comme pour un public plus large, même jeune. Le site de la BNE est proposé dans de nombreuses langues, dont français, mais malheureusement le mini-site est en espagnol uniquement. Cependant, les images, les outils, les gadgets sont tous très clairs et intuitifs pour quelqu’un qui ne connait pas la langue. Cela devient seulement probablement handicapant si on souhaite lire les nombreuses descriptions de contexte, sur les fiches métiers, les lectures de Léonard etc. mais suffisant pour parcourir les codex de Madrid. Trésor pour la bibliothèque espagnole, il est vraiment appréciable de relever la qualité de la numérisation des pages ainsi que l’interactivité pour les parcourir, agrémentées de nombreuses notes et descriptions. Leur mini-site est d’ailleurs bien plus pratique que le site de la Bibliothèque Ambrosienne de Milan, et également plus moderne : des couleurs sobres dans le noir et blanc, une circulation fluide par les miniatures, onglets et des liens minimalistes et clairs. De plus, le rôle que joue le codex pour la BNE ne peut être nié lorsqu’on observe le nombre de fonctionnalités, non-indispensables mais pourtant extrêmement utiles, qu’ils ont rajoutées dans son environnement numérique pour mieux comprendre le personnage et ses manuscrits : chronologie et carte, contextes culturels, sociaux… Tout cela est fait par une grande équipe de professionnel et on ne peut plus fiable puisque l’on se trouve dans une très grande institution.

Le travail de numérisation de la Bibliothèque Ambrosienne.

La Bibliothèque ambrosienne de Milan est connue mondialement, sa réputation n’est plus à refaire. Elle fut fondée en 1609 par Federico Borromeo, cardinal de Milan, qui souhaitait un nouveau lieu de haute culture, artistique, scientifique et littéraire, dans une période fortement influencée par l’humanisme. Elle fut construite par les architectes Lelio Buzzi et Francesco Maria Richini. Au cours du temps se sont ajoutées une académie, une pinacothèque et une médiathèque. Sa particularité était surtout d’être publique. Son nom est tiré d’Ambroise, évêque inspirant le culte ambrosien, particulier à Milan, et patron de la ville.

La Bibliothèque recueille des textes exceptionnels dans de nombreuses langues : latine, grecque, orientales… Nous nous intéresserons en particulier à la Médiathèque puisque celle-ci détient le Codex Atlanticus, comme nous l’avons déjà vu dans notre article sur le documentaire « Dans la tête d’un génie ». Il s’agit de la collection la plus ample et stupéfiante d’écrits et de dessins de Léonard de Vinci. Ce « code » relate plus de quarante ans de la vie intellectuelle de Léonard, puisqu’il a été écrit entre 1478 et 1519. On trouve tout autant de notes et croquis sur l’astronomie, la mécanique, les mathématiques, la botanique, la géographie, l’anatomie ou encore la physique. On y trouve également des projets urbanistiques pour la ville de Milan, un plan d’immeuble à Florence ou encore des croquis d’automates.

Ce codex n’est en revanche pas accessible au public, de par son statut de trésor culturel. Il se trouve d’ailleurs dans la Salle du Trésor de la Bibliothèque Ambrosienne. Cependant, la Médiathèque travaille actuellement sur le projet de classer toutes les feuilles en douze volumes afin de pouvoir l’exposer au public. Le codex serait consultable de manière séquentielle et indexé de manière à pouvoir faire des recherches par mots, titres, numérotation de page ou texte libre. Ce qui nous intéresse particulièrement ici, c’est que le site de la Bibliothèque, une section est spécialisée sur ce codex. La Médiathèque a commencé un travail de numérisation de ces feuilles de codex, de manière à permettre une consultation numérique en ligne. La partie sur Léonard touche également une section de publications autour du codex mais nous n’y attarderons pas dans cet article.

Ce travail n’est pas terminé mais comporte déjà 440 feuilles sur 1119 au total. Cependant, cela reste pour l’instant un aperçu suffisant sur une récolte extrêmement importante de la culture scientifique et technique du monde occidental du XVe siècle.

Au niveau du site en soit, il n’est pas négligeable de remarquer son manque de fonctionnalité. De plus, il est en italien, ce qui est acceptable dans la mesure où il s’agit d’une bibliothèque milanaise, mais il ne propose aucune autre langue. Bien que la langue anglaise soit indiquée, cette fonctionnalité ne semble pas marcher puisqu’aucun changement ne s’opère.

Reliure du Codex Atlanticus de De Vinci, 1478-1519 © Bibliothèque Ambrosienne, Milan.
Reliure  du Codex Atlanticus de De Vinci, 1478-1519 © Bibliothèque Ambrosienne, Milan.

Pour accéder à notre section sur le Codex Atlanticus, ce n’est pas forcément instinctif, cela demande une certaine recherche. Sur la page d’accueil, cette dernière accumule un grand nombre de textes et liens hypertextes dans la même police, la même couleur et surtout une taille plutôt réduite. Peu de d’éléments se distinguent des autres pour comprendre les différentes catégories du site. La section sur Léonard (« Leonardo ») est trouvable sur le menu le long de la bannière, dans une liste de liens non alignés. Nous arrivons ensuite sur la page du Codex, plus claire, plus simple mais qui manque encore peut-être une fois de titres démarqués. Ensuite, il suffit de cliquer sur le lien hypertexte «Per visualizzare il Codice Atlantico » pour accéder aux numérisations. Le lien est ici visible car mis en couleur et ponctué de symboles de lecture, bien que ces derniers ne soient pas très modernes non plus.

Nous retrouvons alors face à un choix de quatre liens, correspondant aux numérotations des feuilles du codex. Nous pouvons remarquer que cela va jusqu’à 1117. En effet, bien que seulement 440 feuilles soit numérisées et répertoriées ici, il ne s’agit pas d’une numérisation par ordre. Ainsi, on trouvera facilement des pages manquantes si on cherche à visualiser le codex dans l’ordre.

Si on se rend sur l’une des quatre pages proposées, on se retrouve de suite sur une feuille de codex. On a alors le numéro de la page, l’indication s’il s’agit du recto ou du verso, une miniature de la feuille (où on nous propose un zoom qui ne fonctionne pas, ce qui est très dommage), le titre, les dimensions et la description de son contenu. Pour aller à la feuille suivante, il faut soit choisir un nombre en dessous (qui ne correspond pas au numéro de la feuille) ou cliquer sur la flèche suivante. Il y a donc deux choses gênantes alors. Tout d’abord, ce numéro de page qui ne correspond à la numérotation des feuilles, empêchant une navigation facile. De plus, pour compenser cela, il n’y a pas de recherches possibles, par mot, titre ou autre.

Pour conclure, nous avons donc une source incontournable lorsque l’on s’intéresse aux travaux et inventions de Léonard de Vinci, le Codex Atlanticus restant une source inévitable pour accéder à la représentation directe du génie Cependant, le site reste un peu décevant pour une telle institution. En effet, le site manque de modernité et surtout de pratique, notamment dans la navigation. On ne peut circuler aisément dans les feuilles du codex et on regrette que ces miniatures ne s’agrandissent pas. Cependant, il faut espérer qu’une fois le travail de numérisation terminé, ces problèmes seront réglés.

Milan EXPO2015: Léonard, un homme universel

Logo de l'Exposition Universelle 2015 qui se tiendra à Milan
Logo de l’Exposition Universelle 2015 qui se tiendra à Milan © EXPO2015

L‘Exposition Universelle est une grande  exposition publique tenue régulièrement à travers le monde depuis le milieu du XXème siècle. En 1851, Londres inaugura le bal et devint la première ville a accueillir une Exposition Universelle avec comme thème « Industrie de toutes les nations », nous sommes en pleine Révolution Industrielle.

Du 1er mai au 31 octobre 2015, c’est la ville de Milan qui recevra cet honneur avec pour thème « Nourrir la planète, énergie pour la vie ». Mais alors, que vient faire Léonard de Vinci dans tout cela ?

EXPO2015 consacrera une exposition sur le génie Léonard de Vinci qui sera la plus grande jamais organisé en Italie. L’exposition se tiendra du 15 avril au 19 juillet 2015. La ville de Milan, autrefois lieu où Léonard séjourna chez les Sforza, va donc recevoir des pièces uniques prêtées par les plus grands musées, tels le Louvre ou la Pinacothèque du Vatican. L’exposition s’intitulera « De 1452 à 1519 », dates de naissance et de mort du penseur de la Renaissance.

Le site internet de l’EXPO2015 est soigné et va droit à l’essentiel: informer le public de l’évènement. Il ne contient pas de publicités sinon les sociétés qui ont aidées à financer le projet. Le site est simple d’accès et la navigation est intuitive, le site est proposé en Anglais et en Italien.

L’exposition comptera des dessins rarement montrés au public, tel cette Madonne à l’Enfant avec un chat.

Leonardo da Vinci, “Study of the Madonna and child with a cat”, about 1478-1480, Florence Department of Prints and Drawings of Uffizi -  Special Superintendency for the State Museums of Florence © 2014. DeAgostini Picture Library/Scala, Florence.
“Etude de la Madone et de l’enfant avec un chat”, Léonard de Vinci, encre sur papier, 1478-1480 © Florence Department of Prints and Drawings of Uffizi – Special Superintendency for the State Museums of Florence.

En effet, si l’exposition retracera le vie de Léonard, elle sera très complète: de sa naissance à Vinci, en passant par son escale à Rome et Milan et pour finir à la Cour de François 1er. Des sculptures seront aussi exposées, notamment de son maître, Andrea del Verrocchio.

Andrea del Verrocchio, “Lady with primroses”, about 1475, Florence, Bargello National Museum  Special Superintendency for the State Museums of Florence.
“Femme avec primevères”, Andrea del Verrocchio, 1475 © Bargello National Museum – Special Superintendency for the State Museums of Florence, Florence, Italie.

Mais bien entendu ce qui nous intéresse plus particulièrement sont les inventions de Léonard et l’exposition rassemblera des dessins de ses machines de guerre. En voici un exemple ci dessous.

Leonardo da Vinci, “Studies of scytched chariots”, about 1482-1485, Turino, Royal Library © 2014.  DeAgostini Picture Library/Scala, Florence.
“Etude de chariots avec des faux”, Léonard de Vinci, encre sur velin, 1482-1485 © Bibliothèque Royale, Turin, Italie.

Le mécanisme rotatif est un rouage que Léonard affectionne particulièrement, il s’employait toute sa vie de perfectionner le mouvement circulaire notamment dans les machines de guerre. On peut clairement le voir dans le dessins ci-dessus.

Léonard de Vinci marqua son temps et plus d’une époque, cet uomo universale aura sa place dans l’Exposition Universelle 2015 à Milan, signe de son héritage et de sa résonance.

Les machines de Léonard prennent vie

Avec l’avènement des nouvelles technologies il devient possible de donner vie à un bout de papier vieux de 500 ans. C’est précisément ce que s’adonne à faire le « youtuber » Veproject1 dans ses vidéos. Il est membre de la communauté depuis le 5 décembre 2010 et la vidéo que nous allons présenter date du 13 mars 2011.

Ce membre de la communauté Youtube, site américain où l’on peut regarder des vidéos en ligne, a pour but de réaliser des répliques de machines anciennes ou médiévales, des modèles faits à la main et qui fonctionnent dans la vraie vie. Il précise qu’il est passionné par les inventions de Léonard de Vinci, raison de plus de vous présenter sa vidéo sur fond de Mozart et sa Serenade Nocturne 13 en G majeur.

 

Ce (très) jeune youtuber nous présente ses réalisations, la vidéo a un côté amateur par sa qualité de vidéo mais pédagogique par son côté ludique et didactique. En effet, avant chaque maquette, le youtuber montre un dessin de Léonard de Vinci avec un titre: par exemple avant de montrer l’anémomètre (qui sert à mesurer la direction et la vitesse du vent), le youtuber montre le dessin de Léonard et l’explicite par une légende à la calligraphie délicate. On peut deviner qu’il réalise les maquettes à l’aide d’un adulte car la vidéo se trouve toujours dans une chambre ou un espace fermé.

Le youtuber emploie des matériaux assez basiques pour (re)construire les dessins de Léonard, à savoir le bois et le métal; il reste fidèle à l’esprit du peintre de la Renaissance.

Cette vidéo est révélatrice de l’importance et de l’influence que tient Léonard toujours au XXIème siècle: un amateur réalise des maquettes des dessins de l’inventeur Italien et offre la possibilité à un large public de voir à quoi ressemblait – ou ressembleraient – les inventions de Léonard de Vinci.

Une fois de plus, les dessins du génie italien renaissent et prennent vie.

Léonard de Vinci : inventeur et « homme de guerre »

Estampe représentant Léonard de Vinci © CHÂTEAU DE VERSAILLES / CHATEAU DE VERSAILLES / RMN-GRAND PALAIS
Anonyme, estampe au burin et à l’eau forte, représentant Léonard de Vinci (détail), 26,5 x 21,4 cm © Château de Versailles / CHATEAUX DE VERSAILLES ET TRIANON / RMN-GRAND PALAIS

Au fil de nos articles nous essayons de faire ressortir la personnalité ambiguë de Léonard. Réel génie de son temps, on ne doute plus de sa capacité d’innover et du fait qu’il aurait fait un génial ingénieur contemporain.

La ressource que nous allons présenter est tirée du site internet de France tv info culture box, dans la rubrique culture, ou plutôt culture box. Le site est hébergé en France et est un site français. L’article en question a été écrit par le journaliste Lucas Ottin et concerne l’exposition « Léonard de Vinci, projets, dessins, machines » à la Cité des Sciences qui se tenait du 23 octobre 2012 au 18 août 2013. Cette exposition était destinée à un public plutôt jeune, l’ensemble de celle-ci étant didactique en expliquant avec des schémas, dessins, la reconstitution de machines à partir de dessins du maître italien (voir notre article de France Inter sur le catalogue de cette exposition).

Revenons sur l’aspect du site France tv.info. La page d’accueil (mettre lien) contient certaines publicités, notamment pour l’Unicef ou pour un festival de musique du monde. La présentation est simple et claire, la navigation est agréable, les articles sont répertoriés par ancienneté.

C’est Léonard de Vinci qui invente en 1480 le « dessin industriel » (mettre lien vidéo). En bon homme de la Renaissance, l’insatiable et ambitieux Léonard de Vinci revisite le travail des Antiques pour donner vie à ses inventions. Parmi ses plus grandes « réussites » en matière d’armement, on trouve ce canon à vapeur repris d’Archimède et d’Héron d’Alexandrie.

Canon à vapeur imaginé et conçu par Léonard de Vinci © Capture d'écran Culturebox
Canon à vapeur imaginé imaginé et conçu par Léonard de Vinci © Capture d’écran, Culturebox, 2013.

L’exposition à la Cité des Sciences était un excellent moyen d’apercevoir des machines de guerres « en chair et en os » car une quarantaine d’entre elles avaient été reconstruites à partir de dessins de Léonard spécialement pour l’exposition.

Reconstitution de machines de guerre créées par Leonardo De Vinci pour l'exposition de la Cité des Sciences © France2/culturebox
Reconstitution de machines de guerre créées par Leonardo De Vinci pour l’exposition de la Cité des Sciences / Photographie © France2/culturebox, 2012.

Nous ne saurons jamais si le plus grand génie du XVème siècle avait un réel goût pour la violence ou si celle-ci lui servait seulement de faire-valoir pour montrer ses capacités. Toujours est-il qu’il réside en chaque être une part d’ombre.

Léonard, maître du High-Tech

Le célèbre Autoportrait de Léonard De Vinci, réalisé à la sanguine (1512 et 1515).
Le célèbre Autoportrait de Léonard De Vinci, réalisé à la sanguine / Dessin à la sanguine sur papier, 1515-1519, 33,3×21,4cm © Bibliothèque Royale de Turin, Turin, Italie.

Cet article donne une vision assez large du génie de Léonard. En effet, le site est didactique et facile à trouver sur Google. Par ailleurs, l’article se présente comme pont entre invention et inventeur. On peut d’emblée voir les principales inventions de l’artiste en tête : pompe hydraulique, char d’assaut, scaphandre sous-marin, bateau à aubes pour ne citer qu’eux.

L’article compte six parties : la biographie de Léonard, l’héritage scientifique, quelques-unes de ses inventions, où voir Léonard?, des documents importants parvenus jusqu’à nous et enfin quelques œuvres parmi les plus connues.

Le site se présente comme étant assez simple mais avec des couleurs assez vives, ce qui laisse croire qu’il est majoritairement destiné à un public jeune. Il est mis à jour assez régulièrement et quasi quotidiennement et il est géré par plusieurs équipes. Le site est français et utilise un mélange de vocabulaire technique (lié aux nouvelles technologies) mais également assez intelligible.

Léonard de Vinci naît le 15 avril 1452 à Vinci, petite ville de Toscane proche de Florence, des amours illégitimes d’un notaire, ser Piero, et d’une paysanne. Après une éducation scolaire diversifiée, il commence sa vie d’adulte comme peintre dans un atelier florentin de grande renommée, celui de Verrochio. A 26 ans, Léonard quitte son maître et a déjà acquis une belle réputation d’artiste peintre. Adepte de l’art nouveau du clair-obscur, il perfectionne sa technique du sfumato (embrumé) qui adoucit les contrastes et améliore le réalisme des paysages ou des portraits. La partie qui nous intéresse le plus est celle sur les inventions du peintre.

Les inventions de Léonard, qu’elles soient véritablement nouvelles (comme les engins volants) ou inspirées de travaux antérieurs (comme nombre de ses machines hydrauliques), reposent néanmoins sur des concepts novateurs pour l’époque. Ces inventions sont pour la plupart restées sans lendemain, sauf dans le domaine de l’hydraulique, sans doute parce qu’elles étaient très en avance sur leur époque mais aussi parce qu’elles sont restées longtemps inconnues. De son vivant, Léonard de Vinci a explicitement émis un doute sur l’usage qu’en feraient ses contemporains.

Planche de dessins d'un système Hydraulique
Planche de dessin d’un système Hydraulique imaginé par Léonard / Dessins à l’encre sur velin, 1480-1482 © Codex Atlanticus, Bibliothèque Ambrosienne, Milan, Italie.

Ce que le l’article met bien en exergue est le fait que Léonard a grandement inspiré les générations futures : il suffit de voir que l’article est hébergé sur le site « Futura Sciences : High-Tech ». Cela laisse donc penser que les inventions de Léonard n’ont certes pas eu un écho retentissant de son temps, mais ont permis de s’inspirer de ses dessins pour les rendre réalité.

L’exemple parfait est le Château du Clos-Lucé (Indre-et Loire) Amboise, mentionné dans l’article. C’est ici où Léonard de Vinci vécut ses dernières années. Dans une grande halle se trouvent réunies plusieurs maquettes de différents engins imaginés par son génie.

L’article et le site nous guident donc à travers sa vie et met un accent particulier sur ses inventions, cela pour nous inciter à les voir et à les comprendre.

La nature et l’invention

Photo de l’exposition à la Cité des sciences et de l’industrie à Paris / Photographie en noir et blanc © tiré de Léonard de Vinci : la nature et l’invention (C. Giorgione, P. Boucheron), La Martinière/Universciences, Paris, 2012.

Cet article du site France Inter est consacré à l’émission Lire avec du 14 décembre 2012, portant sur le catalogue de l’exposition Léonard de Vinci, projets, dessins, machines présentée de 2012 à 2013 à la Cité des sciences et de l’industrie. L’ouvrage, paru le 4 octobre 2012 aux éditions La Martinière, a été réalisé par Patrick Boucheron, maitre de conférence à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il décrit les liens que Léonard de Vinci a tissé entre la nature, la science et la technique, en s’appuyant sur les codex de l’ingénieur et les reconstitutions de ses machines faites au XXème siècle.

Le site de France Inter est un site français qui fonctionne en parallèle avec sa station radio. Il est géré par plusieurs équipes et mis à jour environ toutes les dix minutes. Le design de la page d’accueil du site est simple et efficace, bien qu’emprunt d’une certaine rigidité qui le fait apparaître comme légèrement daté. De nombreux onglets interactifs permettent de se repérer et de naviguer facilement à travers le site. Les couleurs noire et rouge rappellent celles du logo de France Inter et constituent un fil conducteur au sein de chaque page.

L’article qui nous intéresse est relativement ancien et nécessite donc de remonter loin dans les archives du site pour y avoir accès. On peut noter que l’absence d’une barre de recherche par mots-clés fait cruellement défaut. La page présente tout d’abord le bandeau du site puis le visuel de l’émission avant de proposer un podcast de l’émission disponible jusqu’au 9 septembre 2015. Viennent ensuite une présentation de l’auteur du catalogue d’exposition, Patrick Boucheron, et un descriptif de l’ouvrage. A la fin de l’article, un lien vers la page officielle de l’exposition est présent mais celui-ci se révèle être mort. En effet, la page consacrée à l’exposition sur le site de la Cité des sciences et de l’industrie, et plus généralement l’ensemble des archives, sont actuellement en cours de création. De nombreux autres articles sur des thèmes différents sont proposés dans un bandeau latéral ainsi qu’à la fin de l’article, permettant de poursuivre la navigation si on le souhaite.

© Couverture montage photo, Léonard de Vinci : la nature et l’invention (C. Giorgione, P. Boucheron), La Martinière/Universciences , Paris, 2012.

Le public attendu de cet article est clairement adulte et cultivé, le même que celui visé par l’exposition. L’article n’étant pas aisément retrouvable sur Internet, il n’est sans doute consulté que par ceux qui s’intéressent au sujet et à l’émission.
L’émission en elle-même est une présentation du catalogue d’exposition qui retrace les multiples aspects de la personnalité de Léonard de Vinci : dessinateur, peintre, inventeur de machines de guerre et de divertissement ou encore anatomiste. L’ouvrage met en parallèle les liens entre les recherches de Léonard de Vinci et les historiens et chercheurs en botanique ou en bio-robotique. Patrick Boucheron présente son catalogue comme offrant une vision nouvelle des travaux de l’artiste par ses écrits, esquisses, reconstitutions et maquettes. Le livre présente également des applications scientifiques récentes qui essaient elles aussi de reproduire des phénomènes ou des états de la nature.

Ainsi, cet article a le mérite d’être une source intéressante et un bon compte-rendu de l’exposition et du catalogue qui en dérive, en dépit de la présence d’une page qui lui serait officiellement consacrée.

Exposition à la Royal Collection Trust

Esquisse du visage de Léda, pour Léda et le Cygne, exposée à la Royal Collection / Plume et encre sur papier par dessus craie noire, 1504-1506, 17.7×14.7cm © Royal Collection Trust, Londres, Royaume-Uni.

La Royal Collection Trust est un organisme de bienfaisance britannique créé en 1993 par la reine Elizabeth pour gérer la collection royale.

Il y a trois ans, il a présenté une exposition de taille relativement modeste consacrée à des dessins de Léonard de Vinci. Cette exposition a tournée dans cinq lieu au Royaume-Uni et comprenait : des modèles pour chars, une étude de la tête de Léda, un dessin de feuilles de chêne, une feuille recto-verso de croquis anatomiques, la conception d’un système de drainer les marais, une étude de costume d’un homme à cheval, des dessins de scènes apocalyptiques et une étude d’un vieil homme de profil, l’un des derniers dessins réalisés par l’artiste.

Cette source numérique est uniquement disponible en anglais, sans possibilité de choisir une autre langue. La page qui nous intéresse est présentée dans l’historique de la rubrique « exhibitions » du site et est parfaitement visible grâce à une bannière représentant un dessin célèbre de Léonard de Vinci, La tête de Léda.

Cinq catégories dans le menu adjacent détaillent l’exposition :

  • Un récapitulatif du parcours des dessins qui ont été présentés.

La navigation est facile et relativement agréable à travers les cinq onglets, et il est possible de se faire une idée assez précise de l’exposition. Les dessins numérisés sont de bonne qualité et un système de zoom permet d’observer les détails. Les références des œuvres sont également suffisamment précises pour nous permettre d’effectuer des recherches personnelles si besoin.
Cette ressource apparaît comme un bon récapitulatif à une exposition achevée. Elle permet de garder une trace de l’événement passé en apportant la majorité des détails nécessaires. On regrette peut-être seulement l’absence de compte-rendu de l’exposition.