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Léonard Interactif : un outil indispensable et ludique

Façade de la Bibliothèque Nationale d'Espagne (BNE), Photographie, Selbymay, 11 août 2012, Wikimedia Commons.
Façade de la Bibliothèque Nationale d’Espagne (BNE), photographie, 11 août 2012 © Selbymay, Wikimedia Commons.

Dans la continuité de la Bibliothèque Ambrosienne et du Codex Atlanticus (voir nos anciens articles sur cette bibliothèque et ce codex), la Bibliothèque Nationale d’Espagne ou Biblioteca Nacional de España (BNE) conserve un autre carnet de notes précieux de Léonard de Vinci : le Codex de Madrid.

Il s’agit du centre principal de documentation consacré à la culture écrite, graphique et audiovisuelle d’Espagne et d’Amérique Latine. Il comprend plus de vingt-huit millions de publications espagnoles du XVIIIe siècle à nos jours, sans compter les manuscrits, photographies, estampes, partitions etc. Ses collections ont été acquises par de nombreux moyens : achat, dépôt légal, don ou échange. Celle des manuscrits, dont fait partie le Codex de Madrid, est une des plus riches d’Espagne. Comme la plateforme Gallica pour la Bibliothèque Nationale de France (BNF), le site internet de la BNE propose un accès à leur collection numérique en ligne et possède plus particulièrement un mini-site : « le Léonard interactif ».

Ce mini-site comprend donc une version numérique du codex mais également d’autres fonctions autour du personnage de Léonard : chronologie de la vie de Léonard, descriptions des domaines que le génie a touché, des documents expliquant son contexte historique, des jeux interactifs et thématique etc. Le site de la BNE nous indique des chiffres très intéressants au sujet du mini-site :

  • 718 pages numérisées ;

  • 120 œuvres numérisées ;

  • 100 pages interactives ;

  • 138 contenus multimédias ;

  • 40 professionnels travaillant sur ce projet ;

  • 20 000 heures de travail.

Le codex Madrid (à ne pas confondre avec son homonyme aussi appelé Codex Tro-Cortesianus qui est un codex maya) est divisé en deux manuscrits : le codex-I et le codex-II. Fini respectivement entre 1490 et 1499 et 1503 et 1505, ils ont été découvert dans la Bibliothèque Nationale d’Espagne en 1966. Les différents codex de Léonard ont été hérités par son ami Francesco Melzi. Cinquante ans après, c’est le sculpteur Pompeo Leoni qui a acheté et apporté en Espagne les deux codex de Madrid. La Bibliothèque Royale, ancêtre de la BNE, les avait répertoriés depuis 1712. Ils ont été perdus et oubliés jusqu’au XXe siècle pour une raison inconnue.

Système de traction  et ressort, dessin à l'encre sur velin, 1490-1499, Codex Madrid I, Bibliothèque Nationale d'Espagne, Madrid, Espagne.
Système de traction et ressort, dessin à l’encre sur velin, 1490-1499 © Codex Madrid I, Bibliothèque Nationale d’Espagne, Madrid, Espagne.

Les deux codex touchent autant la mécanique, la statique, les mathématiques que les constructions de fortifications. Ils incluent également une liste de plus de 116 livres que Léonard a utilisés pour ses recherches. En plus d’être des notes d’une qualité et d’une source incroyables, ce codex représente environ 15% des notes de références au sujet de Léonard de Vinci.

Lorsqu’on se rend sur le mini-site « Léonard interactif », on se retrouve directement sur le codex-I de Madrid. On peut circuler facilement de page en page avec un seul clic ou en tapant le numéro de page dans la barre de navigation en bas de la fenêtre interactive. Cette barre de navigation permet d’accéder de suite au Codex-II, de proposer une navigation rapide par défilement de miniatures et présente également un outil de recherche par mots. Ainsi en tapant par exemple « arma » ou « arme », une nouvelle fenêtre s’ouvre, proposant toutes les pages comportant ce mot ou ayant un dessin en rapport (un thème donc) en affichant leurs miniatures. Cette circulation est donc extrêmement fluide et claire. Enfin, il existe un listing des thèmes pour une recherche différente et toujours plus pratique.

Autres outils utiles : une transcription des textes manuscrits en textes dactylographiés, disponibles en espagnol et italien. Il est dommage que ce ne soit pas disponible en anglais mais il est déjà notable que des transcriptions soient faites en langue locale et en langue originale. On peut également trouver un zoom en meilleure qualité, des liens de partage vers les réseaux sociaux (Facebook et Twitter) et un lien pour une impression des pages de notre choix. Enfin, il est bien connu que Léonard de Vinci prenait ses notes à l’envers, c’est-à-dire en écrivant avec la méthode du miroir. Un outil nous permet ainsi de mettre automatiquement les pages en miroir horizontal, afin de pouvoir lire naturellement les notes du génie.

Enfin, il faut cliquer sur la petite main « Saber más » (« en savoir plus ») pour accéder aux autres fonctionnalités du mini-site. En bref, on nous propose par des miniatures simples et claires, d’accéder à des rubriques spécialisées :

  • Une chronologie : cet outil est extrêmement pratique et ludique. Nous allons sans aucun doute le garder sous la main pour notre propre chronologie, que nous allons bientôt proposer sur le blog. Le site propose une carte de l’Europe et du bassin méditerranéen, contemporaine à Léonard, couronnée d’une frise chronologique des dates importantes de sa vie. En cliquant sur une date, un zoom est fait sur la carte, indiquant un évènement, sa description et une illustration. On peut également accéder directement à des évènements-clés en cliquant sur les différents points de la carte. Ces derniers sont séparés en deux couleurs : les rouges pour expliquer le contexte historique et les bleus pour l’histoire de Léonard.

Capture d'écran, Chronologie, Léonard Interactif, Bibliothèque Nationale d'Espagne (BNE).
Capture d’écran © Chronologie, Léonard Interactif, Bibliothèque Nationale d’Espagne (BNE).
  • Les métiers de Léonard : nommés tels quels, il s’agit des différentes facettes ou tous les métiers auxquels s’est prêté le polyvalent génie. On nous propose une fiche de description pour chaque, à partir d’onglets verticaux, s’ouvrant et se rabattant. Il y a huit onglets au total : scientifique & philosophe ; mathématicien ; architecte ; anatomiste ; ingénieur civil et militaire ; peintre & sculpteur ; scénographe ; musicien.

  • La bibliothèque de Léonard : la description des lectures de Léonard qui ont contribuées à son travail, accompagnée de miniatures vers des descriptions plus précises sur les principaux livres (Euclide, Ptolémée, Ovide…).

  • L’Epoque : par le même système d’onglets que les métiers de Léonard, on retrouve une description de grands domaines de la vie culturelle, sociale et scientifique contemporaines à De Vinci : cuisine ; imprimerie ; science ; art ; littérature ; musique ; philosophie ; mode vestimentaire.

  • Les codex : une description de l’importance des codex et manuscrits de Léonard ainsi que des miniatures particulières pour chaque codex et leur lieu de conservation. Nous nous attarderons sur cette partie dans un prochain article.

  • Les maquettes : la BNE propose via Youtube des vidéos de maquettes modélisées en 3D, directement tirées des croquis et notes du codex de Madrid.

  • Le jeu des questions : petit jeu interactif en ligne de type QCM, dont les questions sont portées sur toutes les facettes de Léonard, peintre comme ingénieur, et sur sa vie et ses fréquentations.

  • Le jeu de mémoire : un petit jeu classique de paires de cartes qu’il faut mémoriser et associer. Il n’a pas un très grand intérêt mais est plutôt ludique pour un public plus jeune, d’autant plus que ses faces présentent des modélisations 3D des inventions de Léonard de Vinci.

Pour conclure, le site de la BNE et plus particulièrement son mini-site « Léonard interactif » est incontournable pour des recherches scientifiques comme pour un public plus large, même jeune. Le site de la BNE est proposé dans de nombreuses langues, dont français, mais malheureusement le mini-site est en espagnol uniquement. Cependant, les images, les outils, les gadgets sont tous très clairs et intuitifs pour quelqu’un qui ne connait pas la langue. Cela devient seulement probablement handicapant si on souhaite lire les nombreuses descriptions de contexte, sur les fiches métiers, les lectures de Léonard etc. mais suffisant pour parcourir les codex de Madrid. Trésor pour la bibliothèque espagnole, il est vraiment appréciable de relever la qualité de la numérisation des pages ainsi que l’interactivité pour les parcourir, agrémentées de nombreuses notes et descriptions. Leur mini-site est d’ailleurs bien plus pratique que le site de la Bibliothèque Ambrosienne de Milan, et également plus moderne : des couleurs sobres dans le noir et blanc, une circulation fluide par les miniatures, onglets et des liens minimalistes et clairs. De plus, le rôle que joue le codex pour la BNE ne peut être nié lorsqu’on observe le nombre de fonctionnalités, non-indispensables mais pourtant extrêmement utiles, qu’ils ont rajoutées dans son environnement numérique pour mieux comprendre le personnage et ses manuscrits : chronologie et carte, contextes culturels, sociaux… Tout cela est fait par une grande équipe de professionnel et on ne peut plus fiable puisque l’on se trouve dans une très grande institution.

Cent Millions de Pixels : le virtuel au service de Léonard

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Animation en 3D d’un pont tournant, 2012 © Cent Millions de pixels

Cent Millions de Pixels est une équipe formée de concepteurs et d’infographistes issus principalement du monde du jeu vidéo mais aussi de l’architecture, la communication, la publicité ou encore l’illustration. Elle imagine, conçoit et réalise des applications vidéo-ludiques mises au service de la médiation culturelle.

Le site date de 2012. L’accueil présente de nombreuses reconstitutions sur des thèmes aussi variés que la grotte de Lascaux ou encore le château de Blois.

La page consacrée à Léonard de Vinci propose des animations en 3D qui ont pour but de mettre en scène certaines inventions de l’artiste et de démontrer leur principe de fonctionnement. Parmi ces inventions, on retrouve : le char d’assaut, le pont tournant, l’écluse à sas, le bateau à aubes, l’ornithoptère, le parachute, l’aile volante, les engrenages, l’automobile et la vis d’Archimède.

Ces animations ont été réalisées en partenariat avec le Château du Clos-Lucé dont nous avons déjà parlé précédemment.

Ce projet illustre non seulement les inventions du parc du Château mais est également à but publicitaire puisqu’il vise à attirer le plus de monde à l’exposition.

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Animation en 3D d’un engrenage, 2012 © Cent Millions de pixels

Le site se propose de mettre le jeu vidéo au service de la médiation et de la communication. L’accueil se présente sous la forme d’une galerie de visuels que l’on peut faire défiler grâce à des flèches rouges. Il est possible de cliquer sur chaque visuel pour avoir accès aux réalisations qui lui sont propres.

Bien visible en haut de la page, le logo du site apparait sous la forme d’une étoile rouge et permet de renvoyer directement à l’accueil lorsqu’on navigue sur le site.

A droite, les deux rubriques A propos et Contact offrent la possibilité d’obtenir des informations sur l’équipe de créateurs.

Au bas de la page, les trois rubriques Catégories, Dernières références et Tags classent chaque thème et proposent une navigation plus ciblée. Une barre de recherche est également disponible.

L’ensemble du site se présente dans un thème uniquement blanc et rouge, seul les visuels proposés contiennent d’autres couleurs, ce qui simplifie la lecture.

La page qui nous intéresse, Les Machines de Léonard, a été crée en mai 2013. Elle propose tout d’abord une image centrale qui fait défiler dix illustrations des reconstitutions entreprises par l’équipe. Viennent ensuite une description du projet construit autour de l’artiste, un lien vers une des six vidéos réalisées, une galerie d’autres visuels extraits de ces vidéos et enfin la possibilité de naviguer vers d’autres sujets.

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Animation en 3D d’une aile volante, 2012 © Cent Millions de pixels

L’ensemble du site est extrêmement bien réalisé, très attirant et intéressant du point de vue des nombreuses reconstitutions entreprises.

Le choix des inventions traitées est pertinent et très bien expliqué, d’une manière à la fois ludique et renseignée.

Comme ce projet a été réalisé pour le Château du Clos-Lucé, l’ensemble des vidéos n’est pas disponible mais il est tout de même possible d’en visionner une via le lien proposé sur la page du projet.

La vidéo est hébergée par la plateforme Viméo et présente un pont tournant, une écluse à sas et un bateau à aubes dans une reconstitution qui impressionne par sa qualité.

L’aspect ludique des projets mis en œuvre par Cent Millions de Pixels est davantage visible sur une autre de leurs réalisations qui aborde également Léonard de Vinci.

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Animation en 3D d’une pièce du jeu The Secrets of Da Vinci : Le Manuscrit interdit, 2012 © Cent Millions de pixels

Il s’agit de The Secrets of Da Vinci : Le Manuscrit interdit, jeu d’aventure qui a pour but la résolution des mystères du maitre et le rassemblement de ses codex. A travers la reconstitution de personnages, de lieux et d’objets d’époque, ce projet mis en place pour les enfants reconstruit l’univers de Léonard de Vinci et plonge le spectateur dans le passé.
Le site CentMillions de Pixels offre la possibilité de se représenter précisément ce à quoi ressemblait les machines de Léonard de Vinci.

Les reconstitutions sont basées sur des croquis de l’artiste et n’ont subies aucune autre transformation.

Chaque invention est contextualisée dans un décor et même mise en parallèle avec d’autres objets du maitre, ce qui permet de se rendre compte de la puissance et du perfectionnement des créations de Léonard de Vinci.

La navigation sur le site est très agréable et l’ensemble remplit parfaitement son rôle puisqu’il donne réellement envie de découvrir les autres vidéo crées par l’équipe.

Il est également important de noter quele site est très bien renseigné et met à disposition du visiteur toutes les informations nécessaires, que ce soit sur la manière dont sont créés les projets aussi bien que sur la date de parution de chaque article.

Cent Millions de Pixels est donc un projet remarquable qu’il ne faut surtout pas hésiter à aller voir. C’est une occasion unique d’observer les machines de Léonard de Vinci en mouvement dans un environnement spécialement recréé pour l’occasion.

Le site offre également la possibilité de faire parler de lui via différentes plateformes (Facebook, Twitter, LinkedIn…) et il serait dommage de le priver du succès auquel il a droit !

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Animation en 3D d’un dispositif technique, 2012 © Cent Millions de pixels

La lettre de motivation de Léonard au duc de Milan

Leonard de Vinci est l’une des figures les plus éminentes du Quattrocento : doué dans tous les domaines, de la science aux Beaux-Arts, en passant par la philosophie et même la poésie, l’artiste italien a illuminé son siècle par ses créations et ses découvertes. Après s’être formé puis illustré par ses peintures à Florence, l’artiste gagne Milan rencontrer son futur mécène, le duc Ludovic Sforza, séduit par les louanges des Médicis et la lettre de présentation qu’il lui envoya. Faisant état de ses qualités d’ingénieur, il sera engagé au titre d’« ordonnateur de fêtes et spectacles aux décors somptueux » et réalisera d’importants travaux d’ingénierie et d’architecture.

En dix points, Léonard étaye la façon dont il peut rendre service au Duc de Milan. Si aujourd’hui Léonard de Vinci est surtout connu pour le sourire énigmatique de la Joconde, l’inventeur met en avant ses talents d’inventeur et d’ingénieur militaire, plus que de peintre. Cette « lettre de motivation » à la manière de Léonard est intéressante car elle permet d’analyser un écrit de l’époque de la Renaissance: cette lettre se présente comme une offre de service et d’allégeance.

Concernant le site internet sur lequel cette ressource est issu, ce dernier est français. Il est intéressant de noter qu’il provient de Plume & Buvard qui est l’association des écrivains publics diplômés de la licence professionnelle de la Sorbonne Nouvelle (Paris III). La présentation du site est sobre et comporte deux couleurs: bordeaux et blanc ce qui permet de reposer l’oeil et de pouvoir naviguer sur le site sans fatigue.
Le webdesign est de Claire Bourdillon, la rédaction et l’administration du site est de Viviane Le Houëdec (tous deux étudiantes à Paris III), le site est hébergé sur « ovh ».

La lettre de Léonard est dans une écriture propre à celle de Léonard : c’est-à-dire inversée et déchiffrable uniquement grâce à un miroir. Ainsi, il est assez difficile de lire le texte brut.

Lettre de Léonard à Ludovico Sforza, duc de Milan en 1482.
Lettre de Léonard à Ludovico Sforza, duc de Milan en 1482 / Encre sur velin, 1482 © Codex Atlanticus, Bibliothèque Ambrosienne, Milan, Italie.

Ainsi, il est bienvenu que le site de l’association ait retranscrit la lettre de Léonard en Français et en format PDF dans une nouvelle fenêtre.


Cette « lettre de motivation » du XVème siècle est significative car on perçoit bien que Léonard de Vinci utilise un vocabulaire précis et développe son argumentaire en se flattant lui-même ainsi que son destinaire: « En peinture, je puis faire ce que ferait un autre, quel qu’il puisse être. Et en outre, je m’engagerai à exécuter le cheval de bronze à la mémoire étternelle de votre père et de la Très Illustre Maison de Sforza (…) Et si quelqu’une des choses ci-dessus énumérées vous semblait impossible ou impraticable, je vous offre d’en faire l’essai dans votre parc ou en toute autre place qu’il plaira à Votre Excellence, à laquelle je me recommande en toute humilité ». Léonard a en effet obtenu le poste.

L’association Plume et Buvard œuvre pour la promotion de l’écriture manuscrite, qui est en déclin et en voie de disparition aujourd’hui. La lettre de Léonard offre un parfait exemple de la riche histoire de la plume : si Léonard est le maître du High-tech (cf. article), il est aussi la figure de proue de l’écriture cursive.

Une exposition à travers le monde : Grande Exhibitions

Photo de codex mis sous vitrines durant une des expositions « Da Vinci The Genius » / Photographie © Exposition Da Vinci the Genius/, Grande Exhibitions, 2014.

Grande Exhibitions est un organisme basé en Australie qui met en place des expositions temporaires à travers le monde, en plus de posséder des musées à Venise, Rome ou encore Florence pour ses expositions permanentes. Si le sujet des expositions est très varié, celles autour de Léonard De Vinci et ses contributions dans divers domaines font la majorité et la notoriété de leurs collections.

S’étant déjà installées dans 57 pays à travers les six continents, les expositions sur l’œuvre de Léonard de Vinci ont déjà atteint plus de cinq millions de visiteurs. L’intérêt majeur de cette organisation semble être par sa variété d’expositions autour du thème de De Vinci, puisqu’elle s’adapte aux moyens et à la taille des galeries, proposant une formule différente selon la situation.

Le site de Grande Exhibitions nous montre ainsi quatre expositions majeures autour de Léonard :

  • Da Vinci Alive (De Vinci Vécu)
  • Da Vinci The Genius (De Vinci le Génie)
  • Da Vinci Inventions
  • The Secrets of Mona Lisa (Les Secrets de Mona Lisa)

Orchestrées par les Musée des sciences et des techniques Léonard de Vinci de différentes villes italiennes et par la société française Lumiere Technology, ses expositions montrent le génie de Léonard dans des domaines très variés (artiste, scientifique, anatomiste, ingénieur, architecte, sculpteur et philosophe) et cela via les nouvelles technologies (projections d’images, jeux de lumière et des sens…) mais aussi, dans le cas des inventions de Léonard de Vinci qui nous intéressent, des reconstitutions de ses projets, qui sont restés pour la plupart sur papier ou bien encore, dont les rares pièces encore existantes sont fermés dans des musées.

Entièrement en anglais pour son côté international, le site de Grande Exhibitions joue surtout un rôle commercial pour les galeries souhaitant y voir leurs expositions. Il est explicite par son design et par son organisation puisque dès la page principale, nous avons une vitrine de toutes les expositions temporaires ou permanentes proposées, amenant par un lien à une page descriptive de chacune d’entre elles, illustrée par de nombreuses photos. Chacune de ses pages nous montre également les caractéristiques des expositions (surface nécessaire, support matériel etc.) et les nouveautés la concernant. Parfois une vidéo promotionnelle montrant clairement l’organisation de l’exposition accompagne sa description.

Ce site est d’ailleurs clairement à jour puisque nous pouvons voir sur la page principale une zone dédiée aux dernières actualités et dont la dernière date de mars 2015.
Cependant, il manque d’informations importantes : création de Grande Exhibition, création du site internet… Nous n’avons non plus aucune page « à propos » ou autre pouvant nous amener à découvrir qui se cache derrière ce site ou derrière l’organisation.
De plus, le site est difficilement trouvable, peut-être car trop peu indexé. Si nous pouvons le trouver tout de suite sur Google ainsi que des liens vers leurs réseaux sociaux, il est bien dommage de remarquer qu’aucun article ou autre site ne parle de l’organisme.

Le logo promotionnel des expositions sur De Vinci, proposées par Grande Exhibitions © Da Vinci the Genius, Grande Exhibitions, Australie.

Si le but est bien commercial et promotionnel pour exporter leurs expositions, Grande Exhibition n’est cependant pas dénué d’intérêts pour notre recherche autour de Léonard de Vinci et ses inventions. En effet, de nombreuses informations sont à récolter dans les descriptions puisque cela reste une source fiable assistée par des musées, en plus des photos et vidéos disponibles pour donner vie aux documents graphiques des codex. De plus, il existe bien un site pour leur plus grande exposition, « Da Vinci Inventions ».

Ce dernier nous amène notamment sur les différents sites de musées et galeries qui proposent actuellement ou proposaient l’exposition (le Rochester Museum & Science Center par exemple), nous offrant encore une fois de nouvelles photos inédites.

Pour conclure, le site de Grande Exhibitions illustre bien ce que l’organisme a à proposer aux galeries et musées, offrant contenus inédits et expérience nouvelle pour les visiteurs. Bien qu’à but surtout promotionnel, il nous avance photos et descriptions générales sur le génie de Léonard. Il est à noter cependant qu’il faudra être curieux et persévérant pour réussir à obtenir ailleurs d’autres contenus sur ces expositions.

Léonard, maître du High-Tech

Le célèbre Autoportrait de Léonard De Vinci, réalisé à la sanguine (1512 et 1515).
Le célèbre Autoportrait de Léonard De Vinci, réalisé à la sanguine / Dessin à la sanguine sur papier, 1515-1519, 33,3×21,4cm © Bibliothèque Royale de Turin, Turin, Italie.

Cet article donne une vision assez large du génie de Léonard. En effet, le site est didactique et facile à trouver sur Google. Par ailleurs, l’article se présente comme pont entre invention et inventeur. On peut d’emblée voir les principales inventions de l’artiste en tête : pompe hydraulique, char d’assaut, scaphandre sous-marin, bateau à aubes pour ne citer qu’eux.

L’article compte six parties : la biographie de Léonard, l’héritage scientifique, quelques-unes de ses inventions, où voir Léonard?, des documents importants parvenus jusqu’à nous et enfin quelques œuvres parmi les plus connues.

Le site se présente comme étant assez simple mais avec des couleurs assez vives, ce qui laisse croire qu’il est majoritairement destiné à un public jeune. Il est mis à jour assez régulièrement et quasi quotidiennement et il est géré par plusieurs équipes. Le site est français et utilise un mélange de vocabulaire technique (lié aux nouvelles technologies) mais également assez intelligible.

Léonard de Vinci naît le 15 avril 1452 à Vinci, petite ville de Toscane proche de Florence, des amours illégitimes d’un notaire, ser Piero, et d’une paysanne. Après une éducation scolaire diversifiée, il commence sa vie d’adulte comme peintre dans un atelier florentin de grande renommée, celui de Verrochio. A 26 ans, Léonard quitte son maître et a déjà acquis une belle réputation d’artiste peintre. Adepte de l’art nouveau du clair-obscur, il perfectionne sa technique du sfumato (embrumé) qui adoucit les contrastes et améliore le réalisme des paysages ou des portraits. La partie qui nous intéresse le plus est celle sur les inventions du peintre.

Les inventions de Léonard, qu’elles soient véritablement nouvelles (comme les engins volants) ou inspirées de travaux antérieurs (comme nombre de ses machines hydrauliques), reposent néanmoins sur des concepts novateurs pour l’époque. Ces inventions sont pour la plupart restées sans lendemain, sauf dans le domaine de l’hydraulique, sans doute parce qu’elles étaient très en avance sur leur époque mais aussi parce qu’elles sont restées longtemps inconnues. De son vivant, Léonard de Vinci a explicitement émis un doute sur l’usage qu’en feraient ses contemporains.

Planche de dessins d'un système Hydraulique
Planche de dessin d’un système Hydraulique imaginé par Léonard / Dessins à l’encre sur velin, 1480-1482 © Codex Atlanticus, Bibliothèque Ambrosienne, Milan, Italie.

Ce que le l’article met bien en exergue est le fait que Léonard a grandement inspiré les générations futures : il suffit de voir que l’article est hébergé sur le site « Futura Sciences : High-Tech ». Cela laisse donc penser que les inventions de Léonard n’ont certes pas eu un écho retentissant de son temps, mais ont permis de s’inspirer de ses dessins pour les rendre réalité.

L’exemple parfait est le Château du Clos-Lucé (Indre-et Loire) Amboise, mentionné dans l’article. C’est ici où Léonard de Vinci vécut ses dernières années. Dans une grande halle se trouvent réunies plusieurs maquettes de différents engins imaginés par son génie.

L’article et le site nous guident donc à travers sa vie et met un accent particulier sur ses inventions, cela pour nous inciter à les voir et à les comprendre.

La nature et l’invention

Photo de l’exposition à la Cité des sciences et de l’industrie à Paris / Photographie en noir et blanc © tiré de Léonard de Vinci : la nature et l’invention (C. Giorgione, P. Boucheron), La Martinière/Universciences, Paris, 2012.

Cet article du site France Inter est consacré à l’émission Lire avec du 14 décembre 2012, portant sur le catalogue de l’exposition Léonard de Vinci, projets, dessins, machines présentée de 2012 à 2013 à la Cité des sciences et de l’industrie. L’ouvrage, paru le 4 octobre 2012 aux éditions La Martinière, a été réalisé par Patrick Boucheron, maitre de conférence à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il décrit les liens que Léonard de Vinci a tissé entre la nature, la science et la technique, en s’appuyant sur les codex de l’ingénieur et les reconstitutions de ses machines faites au XXème siècle.

Le site de France Inter est un site français qui fonctionne en parallèle avec sa station radio. Il est géré par plusieurs équipes et mis à jour environ toutes les dix minutes. Le design de la page d’accueil du site est simple et efficace, bien qu’emprunt d’une certaine rigidité qui le fait apparaître comme légèrement daté. De nombreux onglets interactifs permettent de se repérer et de naviguer facilement à travers le site. Les couleurs noire et rouge rappellent celles du logo de France Inter et constituent un fil conducteur au sein de chaque page.

L’article qui nous intéresse est relativement ancien et nécessite donc de remonter loin dans les archives du site pour y avoir accès. On peut noter que l’absence d’une barre de recherche par mots-clés fait cruellement défaut. La page présente tout d’abord le bandeau du site puis le visuel de l’émission avant de proposer un podcast de l’émission disponible jusqu’au 9 septembre 2015. Viennent ensuite une présentation de l’auteur du catalogue d’exposition, Patrick Boucheron, et un descriptif de l’ouvrage. A la fin de l’article, un lien vers la page officielle de l’exposition est présent mais celui-ci se révèle être mort. En effet, la page consacrée à l’exposition sur le site de la Cité des sciences et de l’industrie, et plus généralement l’ensemble des archives, sont actuellement en cours de création. De nombreux autres articles sur des thèmes différents sont proposés dans un bandeau latéral ainsi qu’à la fin de l’article, permettant de poursuivre la navigation si on le souhaite.

© Couverture montage photo, Léonard de Vinci : la nature et l’invention (C. Giorgione, P. Boucheron), La Martinière/Universciences , Paris, 2012.

Le public attendu de cet article est clairement adulte et cultivé, le même que celui visé par l’exposition. L’article n’étant pas aisément retrouvable sur Internet, il n’est sans doute consulté que par ceux qui s’intéressent au sujet et à l’émission.
L’émission en elle-même est une présentation du catalogue d’exposition qui retrace les multiples aspects de la personnalité de Léonard de Vinci : dessinateur, peintre, inventeur de machines de guerre et de divertissement ou encore anatomiste. L’ouvrage met en parallèle les liens entre les recherches de Léonard de Vinci et les historiens et chercheurs en botanique ou en bio-robotique. Patrick Boucheron présente son catalogue comme offrant une vision nouvelle des travaux de l’artiste par ses écrits, esquisses, reconstitutions et maquettes. Le livre présente également des applications scientifiques récentes qui essaient elles aussi de reproduire des phénomènes ou des états de la nature.

Ainsi, cet article a le mérite d’être une source intéressante et un bon compte-rendu de l’exposition et du catalogue qui en dérive, en dépit de la présence d’une page qui lui serait officiellement consacrée.

Exposition à la Royal Collection Trust

Esquisse du visage de Léda, pour Léda et le Cygne, exposée à la Royal Collection / Plume et encre sur papier par dessus craie noire, 1504-1506, 17.7×14.7cm © Royal Collection Trust, Londres, Royaume-Uni.

La Royal Collection Trust est un organisme de bienfaisance britannique créé en 1993 par la reine Elizabeth pour gérer la collection royale.

Il y a trois ans, il a présenté une exposition de taille relativement modeste consacrée à des dessins de Léonard de Vinci. Cette exposition a tournée dans cinq lieu au Royaume-Uni et comprenait : des modèles pour chars, une étude de la tête de Léda, un dessin de feuilles de chêne, une feuille recto-verso de croquis anatomiques, la conception d’un système de drainer les marais, une étude de costume d’un homme à cheval, des dessins de scènes apocalyptiques et une étude d’un vieil homme de profil, l’un des derniers dessins réalisés par l’artiste.

Cette source numérique est uniquement disponible en anglais, sans possibilité de choisir une autre langue. La page qui nous intéresse est présentée dans l’historique de la rubrique « exhibitions » du site et est parfaitement visible grâce à une bannière représentant un dessin célèbre de Léonard de Vinci, La tête de Léda.

Cinq catégories dans le menu adjacent détaillent l’exposition :

  • Un récapitulatif du parcours des dessins qui ont été présentés.

La navigation est facile et relativement agréable à travers les cinq onglets, et il est possible de se faire une idée assez précise de l’exposition. Les dessins numérisés sont de bonne qualité et un système de zoom permet d’observer les détails. Les références des œuvres sont également suffisamment précises pour nous permettre d’effectuer des recherches personnelles si besoin.
Cette ressource apparaît comme un bon récapitulatif à une exposition achevée. Elle permet de garder une trace de l’événement passé en apportant la majorité des détails nécessaires. On regrette peut-être seulement l’absence de compte-rendu de l’exposition.