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Le Romorantin : le projet oublié de Léonard de Vinci

La Cité idéale, attribué à Francesco di Giorgio Martini, tempera sur panneau, 67,7 × 239,4 cm, 1470 © Galleria Nazionale delle Marche, Urbino, Italie.

Léonard de Vinci Romorantin, le projet oublié est un site créé en 2010 entièrement dédié à la Cité idéale imaginée par Léonard de Vinci sous l’ambition de François Ier.

Ce concept de cité parfaite à la rigueur mathématique est très présent à la Renaissance, mais n’a jamais été mené à terme.

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Croquis attribué à Léonard de Vinci, encre sur papier, XVIème siècle © Romorantin, le Projet oublié, Musée de Sologne, Romorantin-Lanthenay, France.

Les plans et croquis commandés par le roi pour faire de Romorantin (Centre-val de Loire) la capitale du Royaume ont été exposés au Musée de Sologne jusqu’en 2011. Un site Internet a spécialement été créé pour l’occasion et des images en 3D ont donné vie à ce projet.

Rattaché au site du musée de Sologne, Léonard de Vinci Romorantin, le projet oublié apparaît comme le témoignage de l’exposition désormais passée.

C’est un site visuellement peu attractif et daté mais qui a le mérite d’être complet et d’offrir un bon support pour les vidéos présentées durant l’évènement.

De plus, il contient de nombreuses informations, tant au niveau historique pour recontextualiser le sujet qu’à celui informatif sur le déroulement de l’exposition.

L’accueil du site présente un visuel de parchemin en toile de fond.

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Capture d’écran d’une reconstitution en vidéo de la Cité idéale Capture 3D, 2010 © Romorantin, le Projet oublié, Musée de Sologne, Romorantin-Lanthenay, France.

Trois liens principaux sont situés en haut de la page. Le premier, Léonard de Vinci Romorantin, le projet oublié, permet de revenir à l’accueil une fois la navigation en cours. Les second et troisième, 3D vidéos de reconstitution et Blog & Actualités, dirigent le visiteur vers une page qui héberge les vidéos ainsi que d’autres informations.

A gauche sous ces trois liens, un bandeau vertical présente huit onglets permettant d’accéder à des informations concernant : l’exposition, l’origine du projet à l’époque, des traces des travaux de Léonard de Vinci, les diverses sources concernant la Cité idéale, une bibliographie, des liens en rapport avec l’exposition et une préparation à la visite.

Certains de ces onglets ont également des sous-onglets, ce qui amène à une quantité d’informations conséquente qui est ainsi structurée et classée.

En parallèle de ces onglets, un bandeau transversal propose un visuel qui change de contenu en fonction de la catégorie dans laquelle le visiteur se situe.

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Lettre du XVIème siècle / Capture d’écran, 2015 © Romorantin, le Projet oublié, Musée de Sologne, Romorantin-Lanthenay, France.

Le contenu de l’ensemble de ces onglets offre une véritable plongée dans le passé. Des documents tels que des lettres ou encore des manuscrits d’époques scannés sont disponibles pour renseigner le visiteur et sont suivis de liens vers des archives documentaires.

Les vidéos de reconstitutions ont également une grande importance et permettent une meilleure compréhension du projet. Elles ont été intégrées au site après la fin de l’exposition pour conserver l’intérêt de celle-ci. Elles sont désormais toutes disponibles et se téléchargent automatiquement sur l’ordinateur du visiteur sous la forme d’un fichier mov, ce qui permet de les stocker.

Ces vidéos nous éclairent sur le génie de Léonard de Vinci et en particulier sur la manière dont il souhaitait mettre en place sa Cité idéale. De plus, elles montrent également les dispositifs dont l’artiste avait prévu d’équiper la ville pour en assurer son bon fonctionnement.

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Capture d’écran d’une reconstitution en vidéo de la Cité idéale © Romorantin, le Projet oublié, Musée de Sologne, Romorantin-Lanthenay, France.

Ainsi, le site nous apprend que la Cité idéale répond à la volonté de François Ier de mettre en place un lieu nouveau pour incarner son pouvoir royal et sa puissance en regroupant dans un même espace la demeure royale et une ville nouvelle, mais aussi à l’ambition de Léonard de Vinci qui avait longtemps espéré une réalisation qui lui permettrait d’exploiter l’ensemble de ses talents.

C’est un projet immense qui vise à organiser un espace de vie adapté à l’environnement économique et à l’activité humaine, et Léonard de Vinci y travaille dés 1516.

Malheureusement, cette réalisation est abandonné en 1519, et bien que l’on ait aujourd’hui des preuves du début de construction, on ignore toujours pourquoi il a été avorté.

Si Léonard de Vinci Romorantin, le projet oublié peut apparaître comme peu crédible au vu de son design médiocre, sa qualité se vérifie cependant grâce à la bibliographie. Les informations contenues sur la page sont en effet issues de recherches précises et soignées provenant d’ouvrages de références.

De plus, une liste de liens culturels tels que des sites de musées viennent accréditer l’ensemble de la page et permettent de poursuivre une éventuelle recherche.

Ce site met en lumière un travail de Léonard de Vinci passionnant bien qu’oublié aujourd’hui.

L’idée de proposer une page indépendante du site du musée de Sologne au visiteur permet de le plonger entièrement dans le projet de la Cité idéale.

Romorantin, le projet oublié est un très bon témoignage de l’ambition de Léonard de Vinci. Ce site se présente en réalité comme une sorte de plateforme qui sert de support et d’accès direct à un nombre impressionnant d’informations telles que des liens, archives, images numérisées ou encore de vidéos. L’ensemble offre un regroupement de connaissances très complet et très bien organisé qui rend justice au projet de Cité idéale jamais mené à terme.

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Perspective architecturale, panneau dit de Berlin, attribué à Francesco di Giorgio Martini, 124 x 234 cm, 1477 © Staatliche Museen, Berlin, Allemagne.

La lettre de motivation de Léonard au duc de Milan

Leonard de Vinci est l’une des figures les plus éminentes du Quattrocento : doué dans tous les domaines, de la science aux Beaux-Arts, en passant par la philosophie et même la poésie, l’artiste italien a illuminé son siècle par ses créations et ses découvertes. Après s’être formé puis illustré par ses peintures à Florence, l’artiste gagne Milan rencontrer son futur mécène, le duc Ludovic Sforza, séduit par les louanges des Médicis et la lettre de présentation qu’il lui envoya. Faisant état de ses qualités d’ingénieur, il sera engagé au titre d’« ordonnateur de fêtes et spectacles aux décors somptueux » et réalisera d’importants travaux d’ingénierie et d’architecture.

En dix points, Léonard étaye la façon dont il peut rendre service au Duc de Milan. Si aujourd’hui Léonard de Vinci est surtout connu pour le sourire énigmatique de la Joconde, l’inventeur met en avant ses talents d’inventeur et d’ingénieur militaire, plus que de peintre. Cette « lettre de motivation » à la manière de Léonard est intéressante car elle permet d’analyser un écrit de l’époque de la Renaissance: cette lettre se présente comme une offre de service et d’allégeance.

Concernant le site internet sur lequel cette ressource est issu, ce dernier est français. Il est intéressant de noter qu’il provient de Plume & Buvard qui est l’association des écrivains publics diplômés de la licence professionnelle de la Sorbonne Nouvelle (Paris III). La présentation du site est sobre et comporte deux couleurs: bordeaux et blanc ce qui permet de reposer l’oeil et de pouvoir naviguer sur le site sans fatigue.
Le webdesign est de Claire Bourdillon, la rédaction et l’administration du site est de Viviane Le Houëdec (tous deux étudiantes à Paris III), le site est hébergé sur « ovh ».

La lettre de Léonard est dans une écriture propre à celle de Léonard : c’est-à-dire inversée et déchiffrable uniquement grâce à un miroir. Ainsi, il est assez difficile de lire le texte brut.

Lettre de Léonard à Ludovico Sforza, duc de Milan en 1482.
Lettre de Léonard à Ludovico Sforza, duc de Milan en 1482 / Encre sur velin, 1482 © Codex Atlanticus, Bibliothèque Ambrosienne, Milan, Italie.

Ainsi, il est bienvenu que le site de l’association ait retranscrit la lettre de Léonard en Français et en format PDF dans une nouvelle fenêtre.


Cette « lettre de motivation » du XVème siècle est significative car on perçoit bien que Léonard de Vinci utilise un vocabulaire précis et développe son argumentaire en se flattant lui-même ainsi que son destinaire: « En peinture, je puis faire ce que ferait un autre, quel qu’il puisse être. Et en outre, je m’engagerai à exécuter le cheval de bronze à la mémoire étternelle de votre père et de la Très Illustre Maison de Sforza (…) Et si quelqu’une des choses ci-dessus énumérées vous semblait impossible ou impraticable, je vous offre d’en faire l’essai dans votre parc ou en toute autre place qu’il plaira à Votre Excellence, à laquelle je me recommande en toute humilité ». Léonard a en effet obtenu le poste.

L’association Plume et Buvard œuvre pour la promotion de l’écriture manuscrite, qui est en déclin et en voie de disparition aujourd’hui. La lettre de Léonard offre un parfait exemple de la riche histoire de la plume : si Léonard est le maître du High-tech (cf. article), il est aussi la figure de proue de l’écriture cursive.